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Le dépistage du cancer du sein

Français - 2012

Jean-François Delaloye, Jean-Yves Meuwly, Cyril Ducros, Forum Med Suisse



Le dépistage du cancer du sein a pour objectif de détecter la maladie durant sa phase asymptomatique [1]. Il se justifie par le fait que traiter un cancer du sein à un

stade précoce est plus efficace que de le faire à un stade évolué, et que le bénéfice d’un traitement précoce l’emporte sur le risque que fait courir le dépistage lui-même

[2]. Le dépistage du cancer du sein renvoie à l’autopalpation, à l’examen clinique et à l’imagerie des seins. En termes de santé publique, le niveau d’efficacité d’une intervention de dépistage du cancer du sein se mesure à son impact sur la mortalité liée à cette affection [3].

A ce jour, seule la mammographie a été identifiée comme susceptible de réduire le taux de mortalité par cancer du sein. Cette observation a été confirmée par de nom-

breux essais randomisés et par des méta-analyses chez les femmes de plus de 50 ans [4], mais elle est controversée. La controverse a été déclenchée par Gøtzsche et Olsen en 2000. Ces auteurs publièrent un article retentissant intitulé «Is screening for breast cancer with mammography justifiable?» [5]. Critiquant la méthodologie des études contrôlées, ils indiquèrent des biais de randomisation, qui auraient faussé les résultats. Ils

conclurent que le dépistage du cancer du sein par mammographie ne se justifiait pas. A la suite, des chercheurs suisses actifs dans les cinq instituts de médecine sociale et préventive et autres institutions de notre pays dont la Ligue suisse contre le cancer publièrent en 2001 une revue approfondie sur ce sujet [6]. Leur conclusion fut

que «du point de vue scientifique, il était déraisonnable de remettre en question l’efficacité du dépistage du cancer du sein par mammographie». En 2002, un groupe

de 24 experts de 11 pays, réunis par le Centre International de Recherche sur le Cancer, a confirmé que les preuves scientifiques étaient suffisantes pour établir l’efficacité du dépistage par mammographie chez les femmes âgées de 50 à 69 ans. [7].

Des études ont été publiées depuis lors, dont les résultats contestent cette conclusion. Les critiques les plus fréquemment opposées aux interventions de dépistage systématique du cancer du sein portent notamment sur la faiblesse de leur impact sur la baisse de mortalité liée à ce cancer [8], associée à un taux élevé de surdiagnostics et de surtraitements de tumeurs malignes mammaires [9, 10].

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