Influence de l'endométriose sur le déroulement de la grossesse et l'issue obstétricale
Allemand - 2026
Obstetrics and Gynecology
Outre le traitement médicamenteux, la chirurgie de l’endométriose est importante pour réduire les symptômes et optimiser la fertilité, notamment en cas d’infertilité et d’endométriose infiltrante profonde. Des analyses rétrospectives montrent une augmentation des taux d’accouchement prématuré et d’hémorragie du post-partum chez les femmes atteintes d’endométriose. La question est de savoir quelle est l’influence de l’endométriose, ou de son traitement chirurgical, sur ces issues par rapport à un groupe témoin.
Méthodes : Analyse rétrospective de 238 patientes atteintes d’endométriose ayant accouché dans notre centre entre janvier 2017 et décembre 2020 et ayant été préalablement traitées pour endométriose dans notre établissement. Parmi elles, 207 (84,9 %) ont subi une résection chirurgicale, tandis que 31 n’en ont pas bénéficié. Le groupe témoin était constitué d’un échantillon aléatoire de 238 patientes sans antécédents d’endométriose ayant accouché dans notre centre durant la même période. Une analyse de sous-groupes a été réalisée afin de différencier les endométrioses traitées et non traitées (n = 238). Les odds ratios (OR) et leurs intervalles de confiance à 95 % ont été calculés par régression logistique binaire, en tenant compte du diabète, de l’hypertension artérielle préexistante, des grossesses gémellaires, du recours à la procréation médicalement assistée, des anomalies placentaires, de l’âge maternel et du mode d’accouchement pour les accouchements prématurés et les hémorragies du post-partum (HPP). Les malformations fœtales, les grossesses multiples (plus de deux fœtus) et les patientes polymorbides ont été exclues. (Résultats présentés à partir du modèle après ajustement.)
Résultats : Comparativement au groupe témoin, l’endométriose était associée à une augmentation du risque d’accouchement prématuré tardif (p = 0,041 ; OR 2,231 [IC à 95 % : [1,032-4,825]) et d’hémorragie du post-partum (HPP) (p = 0,047 ; OR 2,058 [IC à 95 % : [1,009-4,196])). Comparativement à l’endométriose traitée, l’endométriose non traitée augmentait le risque d’accouchement prématuré (p = 0,003 ; OR 4,269 [IC à 95 % : [1,637-11,132])).
Conclusion : L’endométriose augmente significativement le risque d’accouchement prématuré et d’hémorragie du post-partum (HPP) par rapport au groupe témoin. Le traitement chirurgical n’a pas d’effet prédictif indépendant sur les complications de la grossesse ou de l’accouchement. En cas d’endométriose non traitée, le risque d’accouchement prématuré est significativement accru par rapport à l’endométriose traitée. Des études prospectives sont nécessaires pour approfondir ces résultats.