- Océane Thébault
- 18 juin
- 2 min de lecture
Caractérisation fonctionnelle et moléculaire des circuits dopaminergiques dans la dépression
Français - 2024
Maureen Touchant, Université Laval, Québec, Canada
La dépression majeure est un trouble de l'humeur très courant, qui se caractérise particulièrement par une humeur triste et une anhédonie. C'est une des causes majeures d'incapacité chez l'homme. L'exposition prolongée à un environnement stressant entraine la mise en place de stratégies d'adaptation. L'anhédonie est associée à une altération du système dopaminergique pouvant expliquer la survenue d'une dépression induite par le stress. Ceci est corroboré par une réduction de la complexité dendritique au niveau des projections dopaminergiques au sein de la voie mésocorticale, chez des souris susceptibles au stress chronique de la défaite sociale. Ces modifications affectent l'activité cellulaire et synaptique via une altération de la translation locale. Celle-ci consiste à acheminer des ARNm au niveau des dendrites et des axones, afin de produire localement les protéines nécessaires au bon fonctionnement de la cellule ou d'adapter les besoins protéiques suite au stress induit à long-terme. Cette recherche s'intéresse à ce mécanisme afin de comprendre comment il est affecté au sein des neurones dopaminergiques constituant la voie mésocorticolimbique chez des souris soumises à un stress chronique de défaite sociale. Les données transcriptomiques des neurones dopaminergiques mettent en lumière des gènes différentiellement exprimés de manière spécifique au sexe, au phénotype et à la région neuronale. Parmi ceux-ci, les gènes qui induisent des changements morpho-fonctionnels sont particulièrement intéressants. L'objectif de cette recherche est de définir le rôle de ces gènes dans le contrôle de la plasticité synaptique de manière spécifique et de révéler leur contribution à l'expression du phénotype, soit susceptible soit résilient au stress social. En conclusion, le paradigme de la défaite sociale induit des phénotypes distincts, comme les tests comportementaux l'attestent. Les analyses bio-informatiques doivent être approfondies afin de pouvoir déterminer avec précision les gènes d'intérêts chez la souris pour in fine moduler l'expression de ces gènes cibles in vivo et in vitro.