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ARRUP-VICO Assurabilité des Risques liés à la Réduction des Usages Phytosanitaires sur Vigne et Colza

Français - 2026

UMT SEVEN



L’objectif fixé par les pouvoirs publics dans le cadre des différentes versions du plan Ecophyto visant une réduction de 50% de l’usage des produits phytosanitaires n’est pas atteint et semble aujourd’hui encore hors de portée : les méthodes alternatives disponibles proposées - variétés résistantes, mesures prophylactiques, produits de biocontrôle, méthodes de lutte physique, …- n’offrent à ce jour que des solutions partielles dont l’efficacité reste insuffisante et/ou mal maitrisée comparée à celle des produits de lutte conventionnelle. Dans le même temps, les outils actuels de prévision des risques épidémiques, basés sur l’exploitation des données météorologiques, montrent une bonne pertinence aux échelles moyennes des petites régions agricoles. Cependant, l’interaction des variables météo avec les paramètres agronomiques descriptifs du parcellaire (exposition, sol, variété, …), restent de manière générale beaucoup moins bien maitrisées. De même, la qualité des prévisions météorologiques, pluviométriques notamment, à l’échelle fine de l’exploitation agricole reste insuffisante pour bien prévoir les impacts locaux. La décision de traitement est donc prise par le chef d’exploitation dans un contexte très incertain face auquel, dans le système de production en cours, le risque lié au report d’un traitement peut entrainer une sanction économique immédiate et rédhibitoire. A contrario, un traitement qui pourrait ne s’avérer superflu qu’à posteriori, ne fera qu’impacter très faiblement la marge d’exploitation : le fort déséquilibre actuel du ratio bénéfice/risque d’un traitement et l’ignorance sur d’éventuels développements potentiels de la maladie induisent fort logiquement un nombre surnuméraire de traitements. L’objectif sociétal de réduction des traitements phytosanitaires fixé par les pouvoirs publics dans le cadre du programme souhaité de transition agroécologique ne pourra être atteint sans rééquilibrage de ce risque économique que les agriculteurs ne peuvent supporter seuls dans le contexte de production actuel. L’assurance des pertes de récolte apparait donc ici comme un outil complémentaire des méthodes alternatives en cours d’élaboration, qui permettrait aux agriculteurs d’atténuer le risque de non traitement en partageant le coût de ce risque supplémentaire.

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