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Alcool, tabac, cannabis, anxiété et dépression des étudiants en 2e année de médecine. Repérer pour agir

Français - 2014

Santé Publique, volume 26



Les étudiants auraient un risque de consommation d’alcool dangereuse et abusive plus importante que les non-étudiants du même âge, en particulier concernant les pratiques d’alcoolisations massives (Binge drinking). Ce type de consommation avec absorption d’alcool en grande quantité dans un laps de temps court est une des principales causes de blessures et de décès chez les étudiants, d’une part en raison des pathologies liées à l’alcool mais également en entraînant des comportements à risque mettant en jeu leur santé et celle des autres comme les comportements sexuels à risque et violents, la conduite en état d’ivresse, les risques de dommages corporels et de coma éthylique. De plus, sur le long terme, la consommation abusive d’alcool peut représenter un frein pour la réussite dans les études. Enfin, les étudiants ayant fréquemment des alcoolisations massives sont plus à risque de développer une dépendance ou une consommation abusive après leurs études.

Des travaux portant sur les étudiants en médecine retrouvent qu’environ 80 à 90% d’entre eux boivent de l’alcool. Comme l’ensemble des étudiants, la population des étudiants en médecine consommerait plus d’alcool que les jeunes du même âge non-étudiants La prévalence des consommateurs d’alcool à risque chez les étudiants en médecine varierait en fonction du mode de détection de 15 à 52%. Le repérage précoce et des interventions brèves permettent de réduire la consommation excessive d’alcool et ses méfaits et sont ainsi recommandés par le Préventive Services Task Force des États-Unis.

Des études ont retrouvé des liens entre la consommation d’alcool et d’autres substances comme le tabac et le cannabis ainsi qu’une influence du niveau d’anxiété et de dépression sur ces consommations, cependant ces relations restent discutées.

La prévalence de la consommation de cannabis parmi les étudiants en médecine varierait de 15 à 42% voir plus (> 50%) pour les étudiants s’adonnant de façon fréquente à l’alcoolisation massive.

En France, la consommation de tabac ne semble pas plus faible chez les étudiants en médecine que dans la population générale du même âge. Une étude réalisée dans une faculté de médecine de Paris montre que plus du tiers des étudiants sont fumeurs (35%), avec 21% de fumeurs quotidiens. Ce taux est proche de celui retrouvé par une étude européenne (Allemagne, Italie, Pologne et Espagne) retrouvant 29% de fumeurs.

Concernant la dépression, une étude réalisée entre 2007 et 2012 chez des étudiants en médecine au Royaume Uni retrouvait une prévalence qui variait de 2% à 15% en fonction des années d’études et du sexe. Une autre étude réalisée aux États-Unis a retrouvé que 12% des étudiants en médecine avaient une probable dépression majeure et 9% une probable dépression modérée, avec là encore des différences en fonction du niveau d’études et du sexe.

L’objectif de cette étude était d’évaluer les consommations d’alcool, de tabac, de cannabis et le niveau d’anxiété et de dépression chez les étudiants d’une Unité de Formation et de Recherche (UFR) en début de cursus des études de médecine (deuxième année) et d’analyser le lien éventuel entre ces consommations et le niveau de dépression et d’anxiété.

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