- Océane Thébault
- 2 juil.
- 2 min de lecture
Troubles des conduites alimentaires : prévalence et facteurs de risque chez des étudiants en médecine tunisiens
Français - 2022
Safi Eya, Htira Yosra, Ben Mami Faika, Nutrition Clinique et Métabolisme, volume 36, Issue 4
Les étudiants en médecine semblent être à risque de développer des troubles psychiatriques, notamment des troubles du comportement alimentaire (TCA).
L’objectif de notre étude était de déterminer la prévalence des TCA dans cette population et d’étudier les facteurs de risque qui y sont associés.
Méthodes
Il s’agissait d’une étude transversale descriptive, menée à la faculté de médecine de Tunis, incluant 250 étudiants. Chaque étudiant a bénéficié d’un questionnaire comportant les renseignements individuels nécessaires ainsi que les échelles HAD évaluant l’anxiété et la dépression, EDI2 évaluant le profil cognitivo-comportemental des participants et PSS, évaluant leur niveau de stress perçu. Les TCA étaient dépistés à l’aide des auto-questionnaires EAT40 et BITE et classés selon le DSM-5.
Résultats
Le sexe ratio (H/F) était de 0,4. Une anxiété, des symptômes dépressifs et un niveau de stress élevé étaient retrouvés respectivement dans 34 %, 17 % et 75,2 % des cas . La prévalence des TCA était de 16,4 %. Les facteurs indépendants associés aux TCA étaient le sexe féminin (p = 0,009), l’activité physique (p = 0,04), l’insatisfaction corporelle (p < 0,001) et le sentiment d’inefficacité (p = 0,032). Le risque de TCA était cinq fois plus élevé chez les étudiants ayant recours aux anxiolytiques (p < 0,001), aux laxatifs (p = 0,046) ou aux vomissements provoqués (p = 0,045) et 9,55 fois plus élevé en cas d’adoption d’un régime alimentaire spécifique (p < 0,001).
Conclusion
Ces résultats justifient la nécessité d’un dépistage systématique des TCA chez les étudiants en médecine afin d’assurer une prise en charge précoce et efficace et préserver ainsi la santé physique et mentale des futurs soignants.