- Océane Thébault
- 25 juin
- 2 min de lecture
Troubles de l’Oralité Alimentaire chez l’adulte dit·e « tout-venant » : État des lieux des connaissances des Médecins Généralistes
Français - 2024
Abigaël Cameijo-Flamand, Université Toulouse III Paul Sabatier
Les Troubles Alimentaires Pédiatriques (TAP), encore souvent appelés Troubles de l’Oralité Alimentaire (TOA) en France, sont aujourd’hui de mieux en mieux connus et accompagnés.
Effectivement, après une première mise en lumière datant d’une vingtaine d’années, de nombreux travaux ont depuis été menés ; il existe aujourd’hui un consensus anglophone de définition et de terminologie, un acte orthophonique dédié, un nombre croissant de formations, et de nombreux mémoires d’orthophonie sur le sujet – dont plusieurs interrogeant l’importance de la pluridisciplinarité dans l’accompagnement des TAP, et notamment le rôle clef des médecins généralistes et des pédiatres dans le dépistage et l’orientation de ces troubles.
Pour autant, une partie de la population touchée par ces troubles est encore écartée d’une proportion non négligeable des études, formations, terminologies existantes : les adultes « tout-venant », sans pathologie associée. Si la possibilité d’une persistance et donc de l’existence de troubles apparentés aux TAP à l’âge adulte est abordée dans la littérature scientifique, les études sur le sujet datent pour les plus anciennes d’une dizaine d’années seulement, et le grand public comme les professionnel·le·s de santé sont encore extrêmement peu conscient·e·s de cette possibilité ; il semble
que les adultes touché·e·s par ces difficultés aient pour la plupart appris à vivre avec, ou réalisent leurs propres recherches sur le sujet.
C’est pourtant maintenant, même en l’absence de littérature sur le sujet, qu’il apparaît
essentiel d’améliorer la considération de ces adultes : âgé·e·s de 18 ans ou plus, le diagnostic de TAP ou de TOA n’existait pas pendant leur enfance et il était rare d’être pris·e en charge. Du fait de la quantité grandissante de recherches chez l’enfant, dont une partie s’accorde à améliorer l’information et le rôle de dépistage des médecins, la population d’adultes n’ayant reçu ni diagnostic, ni accompagnement pendant l’enfance va a priori aller en diminuant dans les années à venir ; on peut
toutefois supposer, de manière empirique, que parmi ces enfants passé·e·s sous le radar diagnostique et n’ayant pas reçu d’accompagnement spécifique, une certaine proportion d’entre eux ait pu grandir pour devenir des adultes toujours porteur·se·s de ces troubles. Ces dernières années, les récits florissants d’adultes plus ou moins en souffrance ou en difficulté du fait de tels troubles, sur divers forums et groupes de discussion en ligne, témoignent de cette réalité.
Depuis quelques années, des travaux commencent donc à étudier ces troubles et leurs
manifestations chez l’adulte, le besoin et les méthodes de prise en charge, le degré d’information du public et des professions concernées telles que les orthophonistes. Mais les connaissances des médecins généralistes, elles, sont pour l’instant laissées de côté ; pourtant, leur position dans le parcours de soin les poste a priori en première ligne dans le dépistage de ces troubles et l’orientation de ces patient·e·s. Il nous semble donc essentiel d’explorer leurs connaissances sur le sujet, ainsi que leur manière d’aborder l’alimentation et les problématiques liées en consultation, afin d’éveiller l’intérêt de cette profession sur ce sujet trop peu connu, et d’enclencher le mécanisme qui permettra une meilleure prise en compte de ces adultes dans le futur.