- Océane Thébault
- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
Thérapie cognitivo-comportementale vs Rispéridone pour augmenter les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine dans le trouble obsessionnel-compulsif un essai clinique randomisé
Anglais - 2013
JAMA psychiatry, volume 70, number 11
Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) est l’une des maladies les plus invalidantes au monde selon l’Organisation mondiale de la santé. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) sont les seuls médicaments approuvés par la Food and Drug Administration pour traiter le trouble obsessionnel-compulsif, mais peu de patients présentent des symptômes minimes à partir d’un seul IRS. Dans de tels cas, les recommandations de pratique recommandent d’ajouter des antipsychotiques ou une thérapie cognitivo-comportementale consistant en une exposition et une prévention rituelle (EX/RP).
Objectif
Comparer pour la première fois les effets de ces deux stratégies d’augmentation du SRI par rapport à un placebo sous forme de pilule, à notre connaissance, chez des adultes atteints de TOC.
Design, Setting, and Participants Un essai clinique randomisé (mené de janvier 2007 à août 2012) dans deux cliniques de recherche universitaires spécialisées en TOC et en troubles anxieux. Les patients (âgés de 18 à 70 ans) étaient éligibles s’ils présentaient un TOC d’une sévérité au moins modérée malgré une dose thérapeutique de SRI pendant au moins 12 semaines avant l’admission. Sur 163 personnes éligibles, 100 ont été randomisées (rispéridone, n=40 ; EX/RP, n=40 ; et placebo, n=20), et 86 ont terminé l’essai.
Interventions
Tout en poursuivant leur SRI à la même dose, les patients ont été randomisés pour recevoir 8 semaines supplémentaires de rispéridone (jusqu’à 4 mg/j), d’EX/RP (17 séances administrées deux fois par semaine) ou un placebo sous forme de pilule. Des évaluations indépendantes ont été menées toutes les 4 semaines.
Principal résultat et mesure
L’échelle Yale-Brown Obsessive Compulsive (Y-BOCS) pour mesurer la gravité du trouble obsessionnel-compulsif.
Résultats
Les patients randomisés en EX/RP présentaient une réduction significativement plus importante des scores Y-BOCS à la semaine 8 selon les modèles à effets mixtes (vs rispéridone : moyenne [SE], −9,72 [1,38] ; p<.001 vs placebo : moyenne [SE], −10,10 [1,68] ; p<.001). Les patients recevant la rispéridone ne différaient pas significativement de ceux recevant le placebo (moyenne [SE], −0,38 [1,72] ; P=.83). Plus de patients recevant EX/RP ont répondu (diminution du score Y-BOCS ≥25 % : 80 % pour EX/RP, 23 % pour la rispéridone et 15 % pour le placebo ; P<.001). Plus de patients recevant EX/RP ont présenté des symptômes minimes (score Y-BOCS ≤12 : 43 % pour EX/RP, 13 % pour la rispéridone et 5 % pour le placebo ; P = 001). L’ajout d’EX/RP s’est également révélé supérieur à la rispéridone et au placebo pour améliorer la compréhension, le fonctionnement et la qualité de vie.
Conclusions et pertinence L’ajout d’EX/RP aux IRS s’est avéré supérieur à la fois à la rispéridone et au placebo pilule. Les patients atteints de TOC recevant des IRS qui continuent à présenter des symptômes cliniquement significatifs doivent se voir proposer un traitement EX/RP avant les antipsychotiques, compte tenu de leur efficacité supérieure et de leur profil d’effets indésirables moins négatif.