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Paramètres anthropométriques et habitudes alimentaires chez les étudiants de médecine

Français - 2015

Sadia Karroumi, Université Cadi Ayyad



L'évolution du poids corporel d'un être humain est influencée par plusieurs facteurs ; En effet, la qualité et la quantité des aliments qu'il consomme, le type et le niveau d'intensité des activités physiques qu'il pratique ainsi que son bagage génétique sont des facteurs impliqués dans la régulation de son poids corporel. Bien que certaines personnes arrivent facilement à maintenir un poids corporel dans les limites recommandées, d'autres gagnent facilement du poids et présentent alors un surplus de poids ou une obésité.

L’obésité qui était pendant longtemps considérée comme un simple problème esthétique

lié au péché de gourmandise, est aujourd’hui reconnue comme une réelle pathologie à tel point que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la déclare « la première épidémie non-infectieuse de l’histoire et un problème majeur du siècle». Elle est associée à un risque accru de diabète type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancers, par conséquent, elle est responsable d’une lourde morbi-mortalité.

La prévalence de l’obésité ne cesse de croitre dans les pays industrialisés depuis une

quinzaine d’années, mais elle augmente également de façon alarmante dans les pays en voie de développement comme le Maroc, cette augmentation de prévalence s’inscrit dans un contexte de transition nutritionnelle caractérisé par un développement urbain intense, une modernisation des habitudes alimentaires et une baisse de l’activité physique. Bien que les causes de l’obésité soient complexes, multifactorielles et intriquées, il est établi que l’obésité résulte d’un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques, par conséquent l’alimentation riche en calories et l’inactivité physique jouent un rôle primordial dans l’augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité.

Les jeunes adultes universitaires sont des cibles importantes pour la promotion d’un

mode de vie sain, car ils sont les plus vulnérables à adopter de mauvaises habitudes alimentaires et des comportements sédentaires ; par conséquent, le surpoids et l’obésité sont de plus en plus observés chez eux.

La transition vers la vie universitaire amène les étudiants à faire leurs propres choix

alimentaires, basés sur la disponibilité de la restauration rapide et leurs connaissances limitées en matière de la pratique alimentaire, ce qui influence négativement leur nutrition.

Des études antérieures ont montré que l’alimentation des étudiants universitaires ne

répond pas aux recommandations en matière de consommations de fruits et légumes, et que les habitudes courantes chez eux sont de sauter les repas, de manger en dehors de la maison et de grignoter entre les repas.

Il est supposé que les étudiants de médecine observent un mode alimentaire sain par

rapport aux autres étudiants universitaires, compte tenu de leurs connaissances sur l’hygiène alimentaire ; du fait qu’ils seront amenés à prodiguer des conseils hygiéno-diététiques et à donner l’exemple de bonnes pratiques alimentaires.

Cependant, certaines études ont montré le contraire, notamment une chinoise qui a

révélé que les étudiants de médecine étaient plus exposés aux facteurs de risque de maladies chroniques dues à leurs mauvaises habitudes alimentaires, une autre étude a conclu que ces étudiants de médecine n’adoptent pas de bonnes habitudes alimentaires bien qu’ils en aient une connaissance suffisante. Ainsi, le stress de la vie universitaire, la charge des études médicales et les contraintes des stages et des examens influencerait négativement leur nutrition.

La situation au Maroc reste mal connue, peu d’études se sont intéressées à l’estimation

de la prévalence de l’obésité et l’évaluation des facteurs environnementaux. Dans ce cadre notre étude a été conduite afin de décrire le comportement alimentaire et la qualité de diète des étudiants de médecine de Marrakech et vérifier son adéquation aux recommandations internationales et françaises du programme national nutrition santé (PNNS) ainsi de déterminer la prévalence de l’obésité dans cette population.

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