- Océane Thébault
- 18 juin
- 2 min de lecture
Obésité et fertilité de la femme
Français - 2010
J. Sarfati et al. Annales d’Endocrinologie 71
Le poids, la masse grasse et l’obésité jouent un rôle majeur et, à de multiples niveaux, sur la reproduction féminine. La présence d’une obésité à l’adolescence est associée à un risque plus élevé de nulliparité au cours de la vie par rapport aux femmes avec un IMC normal. Elle est aussi associée à une moindre fécondité des femmes, même au sein d’un sous-groupe de femmes ovulant normalement. Cette diminution de la fécondité des femmes obèses existe même en dehors d’un syndrome des ovaires polykystiques, elle n’est donc pas le seul fait de l’anovulation. D’autre part, l’obésité est connue comme un facteur de risque d’échec des techniques de procréation médicalement assistée. De nombreux mécanismes peuvent être impliqués dans ces échecs. Le premier repose sur une implantation diminuée en rapport avec une pathologie de l’endomètre. Le deuxième implique l’ovocyte, les femmes obèses présenteraient une véritable « maladie ovocytaire » secondaire à l’obésité. Dans un modèle de souris, une activité mitochondriale altérée ainsi qu’une augmentation de production des radicaux libres mitochondriaux ont été observées dans les ovocytes de souris obèses par rapport à des ovocytes normaux. Ces ovocytes possèdent donc des différences intrinsèques qui vont potentiellement influer sur le développement embryonnaire. Dans ce modèle animal, un traitement aigu en préovulatoire par un insulinosensibilisateur spécifique peut faire régresser les défauts ovocytaires causés par l’obésité. De plus, les foetus obtenus à partir de ces ovocytes sont plus petits que les contrôles ainsi que les nouveaux nés mais, plus tard dans la vie, sous régime normal et équivalent, les descendants des femelles obèses vont rattraper puis dépasser en poids ceux de souris normale. Ils vont, de façon associée, développer précocement des signes de syndrome métabolique. Ces modèles animaux démontrent les effets néfastes de l’obésité sur la fertilité dès le stade ovocytaire et très tôt au cours de l’embryogénèse sur la descendance. Ces données soulignent l’importance de l’obtention d’un poids optimal avant la conception. Il existe aussi des données dans l’espèce humaine où le fait d’avoir fait une chirurgie bariatrique avant la conception induit des enfants de poids de naissance plus faible et un risque métabolique moins élevé chez les enfants issus de ces grossesses.