- Océane Thébault
- 2 juil.
- 2 min de lecture
Médicaments antiépileptiques : ce que le médecin doit savoir
Français - 2018
Jan Novy, Médecine Interne Générale
Les médicaments antiépileptiques comprennent des substances qui remontent maintenant à plus de 100 ans, telles que le phénobarbital ou, encore avant lui les
sels de brome. Ils sont majoritairement utilisés dans le traitement de l’épilepsie, mais certaines molécules jouent également un rôle important dans le traitement
des douleurs neurogènes ainsi que la prévention de la migraine. En outre, leurs propriétés psychoactives les rendent également intéressants en psychiatrie. Nous
discuterons ici de leurs utilisations dans l’épilepsie. Le plus souvent, leur utilisation pour d’autres indications requiert des doses moins élevées et une titration plus lente que pour l’épilepsie, et ce en raison d’une moins bonne tolérance (bien que certains traitements
puissent être titrés rapidement en psychiatrie). Globalement, ces médicaments diminuent l’excitabilité neuronale en amplifiant les signaux inhibiteurs et en diminuant des signaux excitateurs à la jonction synaptique des neurones. Leurs mécanismes d’action sont multiples et comprennent notamment une inhibition des canaux sodium voltage-dépendant (principaux responsables de la génération du potentiel d’action
neuronal) ou la stimulation des récepteurs GABAergiques post-synaptiques (principaux neurotransmetteurs inhibiteurs). Contrairement à d’autres substances comme les benzodiazépines, l’effet des médicaments antiépileptiques présente peu ou pas d’habituation (pas de nécessité d’augmenter les doses pour mainte-
nir l’effet). Bien que ces mécanismes d’action soient multiples, ils sont peu pertinents dans le choix d’une substance pour un patient donné.
On distingue souvent parmi ces substances des médicaments d’ancienne génération (de nos jours, le phénobarbital, la phénytoïne, la carbamazepine, et le valproate sont encore utilisés) et des médicaments de nouvelle génération (principalement, la lamotrigine, le lévétiracétam, la prégabaline, le topiramate, et le zonisamide). Les principales différences entre ces deux groupes de médicaments sont la tendance à induire des interactions médicamenteuses moins élevée des médicaments de nouvelle génération ainsi que leur meilleure tolérance (moins d’effets indésirables). Il convient de noter que leur efficacité n’est pas différente. Toutefois, la meilleure tolérance des médicaments de nouvelle génération fait qu’ils sont moins souvent arrêtés par les patients dans la pratique.