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9 oct.
2 min de lecture

L’EMDR

Français - 2019

Gérard Ostermann, Hegel, numéro 1



Il y a vingt-cinq ans, l’EMDR faisait sourire ; aujourd’hui, la méthode fait la différence. Très décriée à ses débuts, cette thérapie « pour l’angoisse, le stress et les traumatismes », qui soigne l’esprit en faisant bouger les yeux, est désormais mieux acceptée par le monde psy et elle est validée par la communauté scientifique. La méthode a été popularisée en France par le psychiatre David Servan-Schreiber [1], mais largement développée et enseignée par Jacques Roques [2].


EMDR est l’acronyme de « Eye Movement desensitization and reprocessing », en français « désensibilisation et retraitement par le mouvement des yeux ». L’appellation « EMDR » a été conservée, même si la méthode ne se limite plus désormais à l’utilisation des mouvements oculaires. Il est possible d’utiliser le tapping (stimulation tactile par tapotements sur les genoux ou les mains du patient) et la stimulation auditive (il existe des appareils qui délivrent des sons alternatifs via des écouteurs).


L’EMDR est une approche psychothérapeutique. L’EMDR est indissociable de celle qui l’a promue, Francine Shapiro, en 1987, docteur en psychologie au Mental Research Institute de Palo Alto en Californie. Cette thérapie repose sur un constat : parler d’un traumatisme qui nous affecte n’est parfois pas suffisant pour guérir les blessures émotionnelles qu’il induit. Cette méthode a rapidement révolutionné la conception et la pratique de la psychothérapie. Depuis, de nombreuses recherches se sont succédées et la technique n’a cessé de se perfectionner. L’EMDR permet en effet un traitement accéléré de l’information dysfonctionnelle des syndromes post-traumatiques et autorise une résolution beaucoup plus rapide qu’avec les thérapies classiques.


D’apparente simplicité, L’EMDR apparaît comme un ensemble de procédures qui permet de digérer, assimiler des traces mnésiques chargées d’émotions désagréables, de pensées dysfonctionnelles liées à un ou plusieurs traumatismes. Paradoxalement, cette thérapie non verbale permet de relancer efficacement la thérapie verbale et s’intègre dans un plan thérapeutique où l’alliance thérapeutique reste la base incontournable. L’EMDR favorise cette alliance dans la mesure où le cadre thérapeutique facilite le sentiment de sécurité du patient, condition indispensable pour que celui-ci laisse apparaître ses blessures invisibles et dépasse la peur d’en guérir. Cette approche thérapeutique s’adresse aux enfants et aux adultes qui souffrent de traumatismes (agressions physiques et morales, accidents, abus sexuels, catastrophes naturelles, guerres, etc.) ou d’événements pénibles (deuil, séparation, licenciement professionnel, difficultés professionnelles, etc.), de dépression, d’addictions (toxicomanie, alcoolisme), de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie), d’attaques de panique, de phobies, de TOC (troubles obsessionnels compulsifs), de troubles psychosomatiques, etc.


L’efficacité de l’EMDR a été scientifiquement prouvée depuis 1989 par de nombreuses études contrôlées. Depuis 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé la préconise pour le traitement des troubles psychotraumatiques chez l’enfant et l’adulte. Elle est également reconnue aux Etats-Unis par l’American Psychologist Association (1998), l’International Society for Traumatic Stress Studies (2000), l’American Psychiatry Association (2004) et le Department of Veterans Affairs and Department of Defense (2004), en France par l’INSERM (2004) et par la Haute Autorité de la Santé (2007), en Israël par le National Council of Mental Health Israël (2002), en Irlande par le Northern Ireland Department of Health (2003) et au Royaume-Uni par le Department of Health (2001) et le National Institute for Health and Clinical Excellence (2005).

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