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Intérêt d’un travail des creusets cognitivo-prélinguistiques dans la rééducation orthophonique des troubles de l’oralité alimentaire : une étude en Single Case Experimental Design

Français - 2022

Manon Châtellier, Médecine humaine et pathologie



Il arrive que le développement de l’oralité alimentaire soit malmené et ne puisse

s’installer harmonieusement (Guillerme, 2014). Ne pas pouvoir investir positivement la sphère orale entrave ainsi la découverte du monde et le rapport à l’alimentation. Un trouble de l’oralité alimentaire, présent dès la naissance ou se développant ultérieurement, est diagnostiqué : petit appétit, refus alimentaire, rejets, nausées, anomalies de praxies (Abadie, 2004). Thibault (2004) parle également de l’angoisse « de mettre dans sa bouche ». Au regard du lien main-bouche, les mains pourraient-elles être au service de la bouche dans le trouble de l’oralité alimentaire ?

L’adaptation à l’alimentation d’une méthode rééducative basée sur l’importance des

mains : celle des premiers raisonnements prend tout son sens. Il s’agit de l’ajustement

protologique et langagier, dont l’approche clinique PREL (Premiers Raisonnements et

Emergence du Langage) s’appuie sur un ancrage théorique interactionniste et constructiviste.

Thibault (2004) rappelle que « incorporer un aliment, c’est incorporer tout ou une partie de ses propriétés ». C’est pourquoi l’aliment va être considéré comme objet-aliment avec des priorités spécifiques à extraire. Afin de favoriser l’investissement de l’alimentation à travers une approche globale et adaptée à l’enfant, le thérapeute lui permet de développer ses premiers invariants cognitifs en le laissant expérimenter les aliments selon ses préoccupations cognitives.

Nous proposons de poursuivre les résultats encourageants de Pléau (2015) ayant mis en

lumière le lien entre le développement pré-logique et celui de l’oralité alimentaire. Pour cela, nous avons opté pour un protocole expérimental SCED (Single Case Experimental Design) dont l’objectif est d’évaluer l’efficacité d’une intervention auprès d’un seul individu (Robert, 2019).

Nous mesurerons l’effet de l’intervention à 3 niveaux : l’enrichissement des conduites pré-

logiques, l’évolution des conduites alimentaires et l’évolution de la qualité d’intelligibilité.

Au décours d’une présentation du développement de l’oralité, de son trouble alimentaire

et de ses manifestations, nous proposerons un état des lieux des prises en soins actuelles. Nous exposerons ensuite l’approche clinique évaluée dans ce mémoire : l’ajustement protologique et langagier adapté à l’alimentation, qui prend appui sur différents arguments afin que l’enfant porteur de troubles de l’oralité alimentaire puisse expérimenter la construction de connaissances autour de l’objet-aliment. Nous aborderons dans un second temps la méthodologie et le protocole établi pour répondre à nos hypothèses de travail. Enfin, avant d’engager une discussion où les avantages et limites de ce mémoire seront présentés, nous proposerons l’analyse des résultats de cette étude.

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