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Hyperphagie boulimique et neuroinflammation : caractérisation des conséquences comportementales et transcriptionnelles de la consommation excessive de saccharose chez le rat

Français - 2025

Cécile Hildenbrand, Médecine humaine et pathologie, Université de Strasbourg



Les macronutriments sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, assurant son principal apport énergétique. Ils se divisent en trois grandes catégories : les lipides, les protéines et les glucides. Parmi eux, les glucides occupent une place centrale en tant que source privilégiée d’énergie et participent à de nombreux processus physiologiques. Dans une alimentation équilibrée, ils représentent généralement 30 à 70 % de l’apport énergétique total (Organisation Mondiale de la Santé, OMS, 2023). Les glucides appartiennent à la famille des oses et se déclinent en deux formes principales :

• Les glucides simples, ou sucres rapides, comprenant les monosaccharides (glucose,

fructose) et disaccharides (saccharose), rapidement assimilés par l’organisme.

• Les glucides complexes, ou sucres lents, regroupant les polysaccharides (amidon,

fibres alimentaires), qui libèrent l’énergie plus progressivement.

Les glucides jouent plusieurs rôles essentiels, notamment celui de fournisseur d’énergie, en facilitant l’absorption des lipides, en apportant des fibres alimentaires et en contribuant à l’attractivité des aliments grâce à leur goût sucré. Utilisés comme carburant par les cellules, notamment celles du cerveau et des muscles, les sucres peuvent également être stockés sous forme de glycogène pour une libération d’énergie différée. Le saccharose, également connu sous le nom de « sucre de table », est un disaccharide composé d'une molécule de glucose et d'une molécule de fructose, principalement extrait de la canne à sucre et de la betterave sucrière. C’est le sucre le plus couramment utilisé : plus de 90 % des sucres ajoutés utilisés à

l’échelle mondiale proviennent du saccharose (White, 2008).

Au cours des dernières décennies, la consommation de sucre a fortement augmenté. Par

exemple, d’après les données de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail (ANSES), la consommation moyenne de sucre en France en 2015 s’élevait à environ 100 g par jour chez les adultes (95.1 g/j ± 46.2 ; ANSES INCA 3). En comparaison, en 2007, elle était estimée à 73.8 ± 35.4 g/j (ANSES INCA 2), témoignant d’une augmentation notable au fil des années. Cette augmentation s’explique en grande partie par la prolifération des aliments transformés et des boissons sucrées, ainsi que des changements dans nos habitudes alimentaires et modes de vie. Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire

inonde le marché de produits ultra-transformés, riches en gras et/ou en sucre (chips,

biscuits/gâteaux industriels, glaces, pâtes à tartiner…). Ces aliments, particulièrement

savoureux pour le consommateur, sont souvent qualifié de « palatables », et sont accessibles à bas coût. Cette accessibilité accrue contribue au développement de pathologies métaboliques (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, stéatose hépatique), neurologiques (démence) et psychiatriques (troubles anxieux, troubles de l’humeur, troubles du comportements alimentaires) (Hoerr et al., 2016; Stanhope, 2016; Chen et al., 2019; Ayton and Ibrahim, 2020; Zhang et al., 2024).

Face à cette surconsommation et aux risques qu’elle implique, les instances de santé ont fixé des recommandations strictes pour limiter l’apport en sucres ajoutés. L’OMS préconise de ne pas dépasser 10 % de l’apport énergétique quotidien sous forme de sucres libres, et recommande même une réduction à moins de 5 % pour des bénéfices optimaux sur la santé.

Pour un adulte avec une consommation moyenne de 2000 kcal/jour, cela correspond à 50 g de sucre maximum, soit environ 10 morceaux de sucre (https://www.who.int/fr). Les sucres libres désignent l’ensemble des sucres ajoutés au cours de la fabrication des produits ou de la consommation, comme le saccharose, ainsi que ceux présents dans les boissons sucrées (sodas, jus de fruits). Selon les données de l'étude INCA3 menée par l'ANSES entre 2014 et 2015, une proportion significative de la population française dépasse les recommandations de l’OMS. En effet, les résultats indiquent que cela concerne 20% des adultes. Plus inquiétant encore, la majorité des enfants excèdent également ces seuils : 75 % des 4-7 ans, 60 % des 8-12 ans et 25 % des 13-17 ans. Ces chiffres soulignent que, malgré une prise de conscience croissante, il reste extrêmement difficile de consommer du sucre avec modération.

Aujourd'hui, mieux comprendre l’impact du sucre sur l’organisme constitue un enjeu majeur de santé publique. C’est dans ce contexte que s’inscrit ma thèse, qui a pour objectif de participer à la compréhension globale de l’impact de la consommation excessive de saccharose, notamment dans un contexte pathologique via l’étude de l’hyperphagie boulimique.

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